
Riposte aux épidémies : le Cameroun obtient 92,2 milliards de FCFA
Financé en partie par le Pandemic Fund, ce plan 2026-2029 vise à détecter plus tôt et répondre plus vite aux urgences sanitaires. L’Etat mise sur des laboratoires, des centres d’urgence et des équipes formées pour appliquer la cible 7-1-7.
Par Destin André Mballa
Le Cameroun se dote d’un nouvel arsenal pour faire face aux crises sanitaires. Sur la période 2026-2029, le pays va investir 92,2 milliards de FCFA, l’équivalent de plus de 160 millions de dollars, afin de renforcer son système de prévention et de riposte aux urgences de santé publique.
Le lancement officiel du projet intitulé “renforcement des capacités du pays en matière de prévention, de préparation et de réponse aux pandémies selon l’approche Une seule santé” s’est tenu mercredi dernier à Yaoundé. Le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, a détaillé le montage financier : « Nous bénéficions d’une enveloppe de plus de 13,3 milliards de FCFA du Pandemic Fund. Celle-ci est adossée à plus de 64 milliards de FCFA de co-financement mobilisés et à plus de 13,8 milliards de FCFA de contribution de l’Etat du Cameroun ».

Pour la mise en œuvre, l’Etat camerounais va travailler avec trois partenaires techniques et financiers : la Banque Mondiale, l’Organisation Mondiale de la Santé et l’Unicef. Les fonds acheminés par ces institutions seront ensuite redistribués aux ministères sectoriels concernés. S’appuyant sur les leçons tirées de la Covid-19, du choléra, de la variole du singe et des fièvres hémorragiques, les autorités veulent désormais gagner en réactivité.
Le pari du 7-1-7
L’ambition est claire : s’aligner sur la norme mondiale 7-1-7. Soit sept jours pour repérer une flambée épidémique, un jour pour la notifier aux autorités compétentes et sept jours pour déployer les premières mesures de réponse efficaces.
Pour y parvenir, le dispositif prévoit plusieurs chantiers. Au niveau de la surveillance, 36 structures situées aux points d’entrée du territoire national seront renforcées. Sept centres régionaux d’appel d’urgence verront le jour. Quarante-deux sites sentinelles seront également installés pour assurer le suivi de la résistance aux antimicrobiens.

Sur le volet opérationnel, 10 centres régionaux d’opérations d’urgence de santé publique seront rendus pleinement fonctionnels. Dans le domaine du diagnostic, 50 laboratoires bénéficieront d’un appui pour la qualité et seront interconnectés en réseau. Trois laboratoires de référence seront par ailleurs mis aux normes ISO.
Le volet ressources humaines est également au cœur du projet. Une stratégie nationale de formation est prévue, notamment en épidémiologie de terrain et en épidémiologie vétérinaire. Le gouvernement compte aussi associer les agents communautaires, les collectivités territoriales décentralisées et les professionnels du secteur de l’environnement.

